Odyssée au pays des TICs
Le cybercafé Teknet à Antananarivo

Un essor inattendu
C’est dans la deuxième moitié des années 1990 que le secteur des TICs prend un essor fulgurant avec l’assouplissement de la réglementation. Dès 1994, le Ministère des postes et télécommunications se désengage et délègue les fonctions de réglementation des télécommunications à l’OMERT (Office Malgache de Régulation des Telecoms) et, parallèlement, la privatisation de Telma (Telecom Malagasy) est engagée. Celle-ci n’aboutira qu’en 2004 avec la reprise par le groupe Distacom.

Installation Celtel à BongatsaraD’un seul coup, la téléphonie mobile se développe avec un premier opérateur en 1994, Télécel, qui disparaîtra en raison d’un choix technologique erroné (téléphones analogiques au lieu du GSM, devenu depuis le réseau principal à Madagascar). Suivent Madacom, repris par Celtel International en 2005 suite au rachat de Telma par son ancienne maison mère Distacom, et Antaris – Société malgache des mobiles, racheté par Orange trois ans après sa création. En novembre 2006, Telma rejoint la famille des opérateurs en téléphonie mobile, tout en restant en situation de monopole sur le terrain de la téléphonie fixe, du moins jusqu’en 2007. Son monopole sur l’interconnexion entre les opérateurs et avec l’étranger ayant été aboli en 1996.

Le secteur de la télécommunication connaît entre 1998 et 2000 une croissance annuelle de 31%. En 2000, il a pu réaliser un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars dont 56,70% pour le fixe, 35,40% pour les mobiles et 8% pour les autres secteurs selon l'OMERT.

Le marché de l'Internet est assuré, aujourd'hui, par une dizaine d'opérateurs. Mais Wanadoo (représenté par Data Telecom Services qui est détenu à 51% par Telma) demeure le leader avec 60% du trafic et 65% des abonnés en 2002. Les utilisateurs d'internet évalués autour de 10 000 ne représentent qu'une infime partie de la population (environ 0,07%). Les coûts parmi les plus élevés d'Afrique et le matériel informatique sont restés hors de portée des revenus des Malgaches. Malgré la période de détaxation de septembre 2003 à août 2004, le choc de la dépréciation de l'Ariary a anéanti la classe moyenne.

Le pays n'a pas réussi à franchir le palier supérieur, en l'occurrence la production de nouveaux services qui lui aurait permis d'exporter et de concurrencer des voisins comme Maurice, l'Afrique du Sud, le Kenya... Tous les opérateurs espèrent que l'existence du backbone y remédiera.